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Quelle Trésorerie

Rendez-vous avec la banque : faut-il un outil pour le préparer ?

Pour qui : Votre banquier vous convoque, ou vous demandez un rendez-vous. Vous vous demandez quoi apporter, et s’il faut acheter un logiciel pour paraître sérieux.

Trois chiffres font ce rendez-vous : le besoin maximal, sa durée et ce qui le résorbe. Exemple fictif : « Il me manque 23 000 € au maximum, pendant 6 semaines, jusqu’au paiement de tel client en semaine 11. » Aucun achat n’est nécessaire pour dire cette phrase.

Apportez une page qui la justifie, avec le scénario prudent où votre plus gros client paie en retard, et un résumé mensuel sur six mois.

Cette page parle de préparation. Elle ne compare aucun crédit. Avec plusieurs banques ou sociétés, un reporting consolidé devient utile pour tenir le même discours partout.

Notre avis

Non : un plan à 13 semaines clair, avec ses hypothèses, vaut mieux qu’un export de logiciel. Nous ne parlons pas ici du choix d’un crédit.

Pourquoi

  • Un export montre des courbes, alors que des hypothèses écrites vous permettent de répondre aux questions.
  • Trois chiffres font le rendez-vous : le besoin maximal, sa durée, ce qui le fait se résorber.
  • Un scénario prudent, proposé avant qu’on vous le demande, montre que vous avez regardé le risque.

Ce qui change le choix

Plusieurs banques ou sociétés dont les flux se croisent, avec un reporting à produire régulièrement.

L’ordre à suivre

  1. Une page tirée de votre plan à 13 semaines
  2. La même vue résumée au mois, sur six mois
  3. Un reporting consolidé, seulement avec plusieurs banques ou sociétés

Trois chiffres à sortir de votre plan

Exemple fictif : une PME de 14 salariés, tous chiffres inventés. Son plan à 13 semaines descend à −18 000 € en semaine 7. Son seuil d’alerte est de 5 000 €, c’est-à-dire le minimum qu’elle veut garder pour faire face à l’imprévu. Elle passe sous ce seuil de la semaine 5 à la semaine 10, et un encaissement de la semaine 11 la fait remonter.

Son besoin maximal atteint 23 000 € (18 000 + 5 000), pour une durée de 6 semaines. Elle peut désormais dire ces trois éléments en une phrase, sans courbe : « Il me manque 23 000 € au maximum, pendant 6 semaines, jusqu’au paiement de tel client en semaine 11. »

Exemple fictif : les trois chiffres
Question du banquierRéponseCalcul
De combien ?23 000 €Point bas de −18 000 € et seuil de 5 000 €
Combien de temps ?6 semainesDe la semaine 5 à la semaine 10 incluses
Comment cela revient-il ?Encaissement en semaine 11Facture identifiée, client nommé, date réelle de paiement
Et si le client paie en retard ?38 000 €Le point bas passe à −33 000 € si l’encaissement de 15 000 € attendu en semaine 7 glisse d’une semaine

La page à apporter

Une seule page se lit pendant le rendez-vous, et vous pouvez la laisser. Écrivez chaque hypothèse en français courant. Votre banquier peut en contester une, et cette discussion vaut mieux qu’une courbe acceptée sans question.

  1. Solde réel du jour, avec la date du relevé. Il doit correspondre à ce que le banquier voit.
  2. Les 13 semaines, sur une ligne par semaine. Encaissements, décaissements et solde de fin, avec le point bas surligné.
  3. Cinq hypothèses au plus. Exemple : « Le client A paie à 45 jours, comme sur ses six dernières factures. »
  4. Le scénario prudent. Votre plus gros encaissement décalé d’une semaine après sa date probable, sans les commandes non signées.
  5. Ce que vous avez déjà fait. Relances, dates déplacées, dépenses reportées.
  6. Ce que vous demandez. Une phrase, ou « je viens faire le point », si tel est le cas.

Ajoutez une vue au mois

Les méthodes publiques que nous avons lues raisonnent en mois, et le format à 13 semaines reste notre choix. Votre interlocuteur peut donc attendre une lecture mensuelle. Le rapport de l’Observatoire du financement des entreprises de septembre 2023 présente un outil de la Banque de France qui calcule un solde attendu fin de mois sur six mois ou un an, d’après sa description. Un résumé par mois sur six mois vous place sur ce terrain commun.

Cette vue servira aussi si le dialogue se tend : le dossier de médiation du crédit réclame six mois de situation de trésorerie. Avoir cette page prête vous épargne de la refaire dans l’urgence.

Si la banque vous convoque

Demandez l’objet du rendez-vous avant d’y aller, et apportez la même page. Un dépassement répété, un solde en baisse ou un dossier à revoir ne se préparent pas tous de la même façon. Si elle annonce une réduction ou une fin de découvert, demandez la décision et ses conditions par écrit. L’article L313-12 du Code monétaire et financier encadre les concours à durée indéterminée, autres qu’occasionnels : notification écrite et préavis fixé à l’octroi, d’au moins 60 jours sous peine de nullité de la rupture. Sur votre demande, la banque donne ses raisons. Elle n’a aucun préavis à respecter en cas de comportement gravement répréhensible ou de situation irrémédiablement compromise. Votre conseil vérifiera ce qui s’applique à votre convention.

Deux autres portes existent. La Banque de France dispose de correspondants TPE-PME qui orientent gratuitement, selon ses publications de 2023 et 2025. En cas de désaccord sur un financement, la médiation du crédit reste ouverte, gratuite et confidentielle. Si vous ne pouvez plus payer vos dettes échues, passez directement au guide sur les difficultés graves.

Plusieurs banques, plusieurs sociétés

Le contre-cas se limite à une situation précise : un dirigeant face à plusieurs banques ou sociétés, avec des flux qui passent de l’une à l’autre. Le total doit être cohérent d’un banquier à l’autre, et un fichier refait chaque fois devient une source d’erreurs. Un reporting consolidé se justifie alors, et il doit isoler les flux entre sociétés. Saisi des deux côtés à la même date, un virement interne laisse juste le total des soldes, mais il gonfle les encaissements et les décaissements présentés. Si un côté manque ou change de semaine, le solde prévu se trompe du montant du virement. Présentez ces flux sur une ligne à part, et vérifiez qu’elle s’annule. Ce besoin se traite comme un sujet de consolidation, au-delà de ce seul rendez-vous.

Limites de cette page

Ce guide ne compare aucun financement et ne prédit pas la réaction d’une banque. La lecture de la page par votre banquier dépend de sa propre politique, que nous ne connaissons pas. L’article L313-12 est lu dans une édition de droit.org, sans sa jurisprudence : faites-le vérifier si le sujet se pose. Les outils de la Banque de France sont décrits d’après un rapport, sans les avoir ouverts.

Prochaine action

Tirez de votre plan votre besoin maximal, sa durée et ce qui le résorbe. Faites tenir le tout sur une page avec cinq hypothèses et un scénario prudent, puis ajoutez un résumé mensuel sur six mois. N’achetez rien pour ce rendez-vous. Avec plusieurs banques ou sociétés dont les flux se croisent, regardez la consolidation ensuite.

Preuves et sources

Lu le 5 novembre 2026 : rapport de l’Observatoire du financement des entreprises de septembre 2023, communiqué de la Banque de France du 7 février 2025, pages de la Banque de France et du ministère sur la médiation du crédit. Article L313-12 du Code monétaire et financier dans l’édition de droit.org du 31 octobre 2026.

Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode